Présenté en avant-première au LFI de Mons à Imagix, Made in America de Giovanni Centola suit Giovanni, rappeur à bout de souffle, qui n’a plus qu’une heure pour terminer son album avant de perdre son label. Tourné en un unique plan-séquence, le film impose une immersion totale : aucune coupure, aucun recul, tout se joue en temps réel, ce qui installe une tension constante.
Ce choix devient une contrainte réelle pour l’équipe. La moindre erreur oblige à tout recommencer, ce qui crée une pression physique et mentale, notamment pour le caméraman en mouvement permanent avec une caméra de cinéma à l’épaule. Cette exigence se ressent à l’écran et renforce la crédibilité du film.
Autofinancé et porté par des proches du réalisateur, le projet gagne en authenticité. Les prénoms sont réels et l’album suivi dans le film sortira en parallèle, brouillant la frontière entre fiction et réalité.
Le jeu reste parfois inégal, mais Luigi se démarque par une interprétation marquante, rendant son personnage presque détestable.
On se laisse happer par l’enjeu : vont-ils réussir ? Un film brut, imparfait, mais sincère.